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24 Août 2018
Instrumentum Laboris. Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel

Chapitre V
IIIème Partie
Choisir :
Peuple de Dieu dans un monde fragmenté
140. Le parcours synodal, en tant que « chemin parcouru ensemble », contient une invitation pressante à redécouvrir la richesse de l’identité du « peuple de Dieu » qui définit l’Église comme un signe prophétique de communion dans un monde souvent déchiré par les divisions et les discordes. « Le statut de ce peuple, c’est la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur de qui, comme dans un temple, habite l’Esprit Saint. Sa loi, c’est le commandement nouveau d’aimer comme le Christ lui-même nous a aimés (cf. Jn 13, 34). Sa destinée enfin, c’est le Royaume de Dieu » (LG 9). Dans son histoire concrète, le peuple de Dieu est un peuple aux multiples visages, puisqu’il « s’incarne dans les peuples de la terre, chacun de ses membres [ayant] sa propre culture » (EG 115). En son sein, l’Esprit Saint « suscite une grande richesse diversifiée de dons et en même temps construit une unité qui n’est jamais uniformité mais une harmonie multiforme qui attire » (EG 117). Cette identité dynamique pousse l’Église en direction du monde, la rend missionnaire et en sortie, habitée non pas par la préoccupation d’« être le centre » (EG 49), mais par celle de sortir, humblement, pour être ferment jusqu’au-delà de ses propres « frontières », en étant consciente qu’elle a à donner et à recevoir, comme l’indique la logique de l’échange des dons.
Dans cette dynamique, l’Église devra faire du dialogue son style de vie et sa méthode, en favorisant la conscience de l’existence de liens et de connexions dans une réalité complexe qu’il serait réducteur de considérer uniquement comme une réalité fragmentée. Elle devra prendre sur elle la tension vers une unité qui, sans se transformer en uniformité, permette la conjonction de toutes les parties, en sauvegardant l’originalité de chacune et la richesse unique qu’elle représente par rapport au tout (cf. EG 236). Aucune vocation, en particulier dans l’Église, ne peut se placer en dehors de ce dynamisme de sortie et de dialogue et tout effort authentique d’accompagnement du discernement vocationnel ne pourra faire en dehors de cette perspective, et réservera une attention privilégiée aux plus pauvres et aux plus vulnérables.