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28 Août 2018
Instrumentum Laboris. Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel

Chapitre V
À l’écoute des jeunes
IIIème Partie
Choisir :
Chapitre II
Plongés dans le tissu de la vie quotidienne
Dans la trame des cultures de la jeunesse
Former à la citoyenneté active et à la politique
156. Plusieurs CE signalent la sensibilité des jeunes pour les questions d’éthique sociale (liberté, justice, paix, écologie, économie, politique), sensibilité qui demande à être accompagnée, soutenue et encouragée. Le commandement de l’amour a une importance intrinsèquement sociale, il comprend l’option préférentielle pour les pauvres et l’engagement à l’édification d’une société plus juste et moins corrompue. L’engagement social et l’engagement politique constituent, au moins pour certains, une véritable vocation, dont la maturation doit être accompagnée du point de vue spirituel. Quoi qu’il en soit, aucun discernement vocationnel ne peut se concentrer uniquement sur la recherche de sa place personnelle dans le monde sans s’interroger en même temps de manière créative sur ce qu’il peut identifier comme apport spécifique qu’on est appelé à mettre au service du bien commun.
157. À travers l’expérience d’un engagement social, beaucoup de jeunes s’interrogent sur et (re)découvrent un intérêt pour la foi chrétienne. De plus, l’engagement pour la justice et , l’engagement avec les pauvres sont une occasion de rencontre et de dialogue avec des non-croyants et des personnes d’autres confessions ou d’autres religions. Beaucoup de CE pratiquent ou recherchent de nouvelles modalités de formation à l’engagement civil, social et politique en particulier en stimulant la participation et la prise de responsabilités des jeunes, ainsi que le débat entre pairs. On voit émerger certains éléments de réponse importants: valoriser les compétences professionnelles et le parcours d’études des jeunes, en leur offrant la possibilité d’être acteurs et responsables ; proposer des expériences concrètes de service et de contact avec les plus pauvres et avec des personnes de milieux sociaux différents de son milieu d’origine, y compris des expériences internationales et des expériences de protection de l’environnement et de la nature ; fournir des éléments pour la lecture et l’évaluation du contexte, à partir d’une meilleure compréhension de la doctrine sociale de l’Église – dont la RP souligne aussi la valeur (cf. RP 3) – et de l’écologie intégrale ; favoriser la maturation d’une spiritualité de la recherche de justice, en mettant en valeur l’éclairage qu’apporte la Bible à l’interprétation des dynamiques sociales ; soutenir des parcours de changement de style de vie, qui soulignent l’importance des petits gestes quotidiens sans oublier l’ouverture sur la dimension structurelle et institutionnelle.
158. En outre, les jeunes sont en général très sensibles à la lutte contre la corruption et à la question des discriminations. En particulier, la RP affirme avec conviction que « l’Église peut jouer un rôle vital pour s’assurer que les jeunes ne soient pas marginalisés mais se sentent acceptés » (RP 5), et indique comme premier domaine d’engagement la promotion de la dignité des femmes. Des sociétés toujours plus multiculturelles, marquées par des phénomènes migratoires ou par la présence de minorités ethniques, culturelles ou religieuses demandent de prévoir des parcours qui aident à combattre les préjugés et à lutter contre les différentes formes de discrimination raciale ou de caste.
159. Toujours en ce qui concerne l’engagement social et civil, le parcours pré-synodal a souligné certains domaines auxquels il est bon de prêter attention. Le premier est celui des jeunes qui font partie des forces armées et de la police, qui doivent être aidés à s’approprier certaines valeurs et à intégrer la dimension implicite de service à la population inhérente à leur fonction et que certaines circonstances mettent particulièrement en évidence (missions de paix, catastrophes naturelles, etc.) Le second domaine est celui des jeunes qui font des expériences de service à temps plein, expériences qui selon la partie du monde peuvent prendre des noms divers (service civil, année sabbatique, année de volontariat social, etc.) ; comme le souligne la RP, il s’agit souvent pour le jeune d’un temps propice au discernement de son propre avenir (cf. RP 15). Il faut éviter l’écueil de considérer les jeunes engagés dans ces expériences comme de la main-d’œuvre à bon marché à laquelle on confie des tâches que personne ne veut ou ne peut remplir.