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19 Août 2017

1984 : ROMAN DE GEORGE ORWELL
1984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, publié en 1949.
1984 est communément considéré comme une référence du roman d’anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique et emblématique du régime policier et totalitaire, d’une société qui vit sous surveillance, où toute idée de liberté est annihilée. Le livre de George Orwell se classe encore aujourd’hui parmi les meilleurs romans de langue anglaise avec La ferme des animaux du même auteur.
Il décrit une Grande-Bretagne trente ans après une guerre nucléaire censée avoir eu lieu entre l’Est et l’Ouest dans les années 1950 ; après ce désastre s’est instauré un régime de type totalitaire qui s’inspire à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d’expression n’existe plus, toute pensée est minutieusement mise sous contrôle, et d’immenses affiches placardées dans les rues, sont là pour rappeler à tout un chacun que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).
L’histoire : Le monde selon 1984
L’histoire se passe à Londres en 1984. Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’Océania (Amériques, îles de l’Atlantique (comprenant les îles Anglo-Celtes, Océanie et Afrique australe), l’Eurasia (Europe et URSS) et l’Estasia (Chine et ses contrées méridionales, îles du Japon, et une portion importante de la Mongolie, la Mandchourie et du Tibet) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres. Ces trois grandes puissances sont dirigées par des régimes totalitaires, et s’appuyant sur des idéologies nommées différemment mais similaires : l’Angsoc (ou « socialisme anglais ») pour l’Océania, le « néo-bolchévisme » pour l’Eurasia et le « culte de la mort » (ou « oblitération du moi ») pour l’Estasia. Tous ces partis sont présentés comme ayant été communistes avant de devenir des régimes totalitaires et qui relèguent les prolétaires qu’ils prétendaient défendre au bas de la pyramide sociale.
À côté de ces trois blocs subsiste une sorte de « Quart-monde », dont le territoire se situerait r approximativement entre Tanger, Brazzaville, Darwin et Hong Kong. Le contrôle de ce territoire, ainsi que celui de l’Antarctique, justifie officiellement la guerre perpétuelle entre les trois blocs mais ces régimes ont besoin de la guerre perpétuelle pour se maintenir au pouvoir..
Winston Smith
Le héros du livre, Winston Smith, 39 ans, habitant de Londres en Océania, est un employé du Parti Extérieur, un membre de la « caste » intermédiaire du régime océanien, l’Angsoc (mot novlangue pour « Socialisme Anglais »). Winston officie au ministère de la Vérité, ou Miniver en novlangue où il remanie sans cesse les archives historiques afin de faire correspondre le passé à la version officielle du Parti selon les évènements. Ainsi, lorsque l’Océania déclare la guerre à l’Estasia alors qu’elle était en paix deux jours avant avec cet État, les autres membres du ministère de la Vérité, notamment ceux du commissariat des archives (« Commarch » en novlangue) où travaille Winston, doivent veiller pour qu’ aucune trace n’existe de l’ancienne alliance avec Estasia.
Toutefois, Winston ne réussit pas à pratiquer cette amnésie sélective et le doute s’installe dans son esprit : il ne peut plus adhérer aux mensonges du parti. Il prend alors conscience progressivement que sa pensée ne reflète plus celle du Parti. Pouvant être traqué par la Police de la Pensée, une redoutable organisation de répression, il dissimule ses opinions face à ses collègues de travail. Le roman s’ouvre sur un projet d’écriture de Winston ; il désire en effet fixer les traces du passé, en opposition à la propagande de l’Océania. Ce plan n’est rendu possible que pace qu’une partie de son appartement lui permet d’échapper au regard omniprésent du télécran, installé dans chaque foyer pour diffuser la propagande du gouvernement et mieux surveiller chaque habitant.
Winston Smith est un prétexte pour mettre à nue la société totalitaire qui l’entoure, les hommes qui y collaborent et ses ressorts les plus impitoyables. On assistera ainsi à la manière dont le gouvernement exerce son emprise sur la société : négation de l’amour et de tout sentiment– ou encore une présentation de la destruction de la langue ; la délation au sein même des familles et le refoulement généralisé des membres les plus dévoués en arrivent par prononcer dans leur sommeil les idées qu’ils n’osent prononcer de jour. Tout cela surgit dans les thèmes abordés le long du roman.
Rencontre avec Julia
Lors des Deux Minutes de la Haine, un rituel obligatoire dans la journée, où le visage de l’« ennemi » de l’Angsoc, Emmanuel Goldstein, est diffusé sur des écrans et conspué par les spectateurs, Winston croise Julia, une jeune femme du commissariat aux romans, membre de la « Ligue anti-sexe des juniors », en apparence p disciplinée. Il redoute quelle soit une espionne de la Police de la Pensée. Mais elle lui remet discrètement un papier : « Je vous aime ».
Ils se fréquentent clandestinement dans une mansarde louée dans le quartier des prolétaires. Ils savent qu’ils seront condamnés, que tôt ou tard tout en rêvant néanmoins ou d’un soulèvement, croyant au mythe d’une Fraternité clandestine qui unirait les réfractaires. Risquant le tout pour le tout, ils prennent contact avec un certain O’Brien, personnage intelligent et charismatique, membre du Parti intérieur, dont Winston pense qu’il est membre de la Fraternité. Ce dernier leur fait parvenir « Le Livre » de Goldstein, l’ennemi du peuple et du Parti, l’objet de la haine et de la peur en Océania. Dans cet ouvrage Winston et Julia y trouvent l’explication : y sont exposés les mécanismes du système, les manipulations psychologiques mises en place en Océania ainsi que les buts poursuivis.
Arrestation
Avant même de passer à l’acte, Winston et Julia sont arrêtés par la Police de la Pensée et amenés au Ministère de l’Amour (celui, qui louait une chambre à Winston et Julia, y avait caché un télécran derrière un tableau). Winston y retrouve O’Brien lui-même, qui n’a en fait jamais été membre de la Fraternité, mais dont la fonction était de traquer les « criminels par la pensée ». O’Brien lui apprend que Winston était repéré depuis bien longtemps comme peu fiable.
Winston sera torturé et humilié pendant un temps indéterminé jusqu’à ce qu’il perde toutes ses convictions morales et soit prêt à accepter sincèrement n’importe quelle vérité, aussi contradictoire soit-elle pourvu qu’elle émane du Parti. Sa rééducation se finit lorsque confronté à sa phobie la plus forte (les rats), il trahit et renie Julia.
En effet, le but du Parti est d’épurer toutes les pensées qui sont contraires à la ligne officielle avant d’exécuter ceux qui les ont émises afin d’éliminer ce que Winston appelle « la nature humaine ». La loyauté de Winston envers Julia était le dernier obstacle que le Parti devait briser : ce reniement sera donc l’étape finale logique de sa « rééducation ».
On finira par apprendre qu’en fait – dernière ironie ! que le « Livre » de Goldstein est en vérité une création du Parti Intérieur, qui est à l’origine du régime de l’Océania, et qu’Emmanuel Goldstein n’est rien moins qu’une figure allégorique au même titre que Big Brother ; ce qui y est écrit n’en reste pas moins vrai d’après les paroles d’O’Brien, ce qui donne une vision encore plus terrifiante à ce monde.
Échec de Winston
Relâché, Winston n’est plus qu’une épave vide de sentiments et de dignité, passant sa vie au bistrot. Par hasard il revoit Julia ; elle aussi l’a renié sous la torture et cette trahison mutuelle rompt leur attachement.
Pendant la guerre nécessaire qui oppose les trois blocs totalitaires, la propagande apprend qu’une « nouvelle brillante victoire » aurait retourné magistralement une situation très compromise. Winston se transforme en admirateur béat de Big Brother. Ceci ne l’empêchera d’être exécuté comme tous les criminels de la pensée une fois leur « folie » expurgée.
Contexte
Le roman 1984 s’inspire d’un ouvrage de l’écrivain russe Ievgueni Zamiatine intitulé Nous autres, paru en 1920 et qui donne la description d’une dystopie totalitaire. Il emprunte également à La Kallocaïne, dystopie de la Suédoise Karin Boye, publié en 1940, qui elle aussi pose le problème de la confiance, de la délation et de la trahison des proches dans un régime totalitaire.
Parabole du despotisme moderne, conte philosophique sur le pire XXe siècle, le totalitarisme orwellien est très clairement inspiré du système soviétique, avec son Parti unique, son chef objet d’un culte de la personnalité, son régime d’assemblée, sa confusion des pouvoirs, ses plans de productions, son militarisme, et ses manifestations « spontanées », ses slogans, ses camps de rééducation, ses confessions publiques…. On peut aussi y voir une dénonciation des régimes nazisme et au fascisme
Orwell était et restait un homme de gauche d’une absolue sincérité. Avant 1984, il avait dénoncé les foyers ouvriers misérables dans le Yorkshire ou les chômeurs de Middlesbrough . Il avait également été adhérent du Parti travailliste indépendant, parti « socialiste de gauche » et était proche des marxistes. Mais c’était un socialiste « de terrain » ; hostile à la droite conservatrice il dénonçait également les travers de la gauche qu’il n’hésita pas à railler dans un de ses premiers romans (Et vive l’aspidistra !) une « gauche » fort loin de la réalité sociale et matérielle du monde ouvrier. Enfin, il détestait certains communistes « de salon » (comme Jean-Paul Sartre qu’il méprisait). La misère matérielle restait pour lui la misère matérielle, que le « Parti » soit au pouvoir ou que ce soit les « capitalistes ». Il n’y a aucun doute sur ses convictions socialistes mais très profondément anti-autoritaires, et Orwell acceptait mal d’être récupéré par la droite.
Certains intellectuels ayant connu le régime stalinien s’accordent pour saluer intuition orwellienne des mécanismes politiques et psychologiques du totalitarisme.
Thèmes
Certains concepts inventés par Orwell (Big Brother, Police de la Pensée, novlangue…) sont devenus des archétypes, qui font quasiment partie, désormais, de la nomenclature du jargon des sciences politiques. Pour les principaux :
Angsoc
L’Angsoc, régime de l’Océania, divise le peuple en trois classes sociales : le « Parti Intérieur », classe dirigeante au pouvoir partagé, le « Parti Extérieur », travailleurs moyens, et les « prolétaires », sous-classe s’entassant dans les quartiers sales. Le chef suprême du Parti est Big Brother, visage immortel et adulé placardé sur les murs de la ville..
La mort de Winston Smith
Après avoir été torturé par O’Brien et avoir renié Julia, Winston Smith devient un fervent admirateur du système totalitaire.
Néanmoins il va être exécuté par la Police de la Pensée. Pourquoi cette dernière supprimerait-elle un homme qui est entièrement favorable au régime en place ?
La réponse tient dans la nature même du régime totalitaire ; la mort de Smith signifie :
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