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25 Août 2018
Instrumentum Laboris. Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel

Chapitre V
IIIème Partie
Choisir :
Une Église qui engendre
141. Ce dynamisme de sortie de soi pour donner la vie et se dépenser au service des autres afin que tous, individuellement et ensemble, rencontrent la joie de l’amour, informe la manière dont l’Église exerce l’autorité qui lui a été confiée, de sorte qu’elle soit authentiquement source d’engendrement et donc créatrice de communion. Selon certaines analyses, l’autorité est, au sens étymologique, la capacité de « faire grandir » (augeo, en latin, d’où auctor et auctoritas) chaque créature dans la singularité que le Créateur a conçue et voulue pour elle. Exercer l’autorité revient alors à assumer la responsabilité d’un service pour développer et libérer de la liberté, et non un contrôle qui coupe les ailes des personnes et les maintient enchaînées.
142. En conséquence, l’Église « se fait » avec les jeunes, en leur permettant un réel protagonisme au lieu de leur opposer un « on a toujours fait comme ça ». Cette perspective, qui détermine un style pastoral et une forme d’organisation et de fonctionnement institutionnel, s’accorde bien avec la demande d’authenticité que les jeunes adressent à l’Église. Ceux qui s’attendent à être accompagnés non par un juge inflexible ni par des parents craintifs et hyper-protecteurs qui maintiennent dans la dépendance, mais par quelqu’un qui n’a pas peur de ses propres faiblesses et sait mettre en valeur le trésor que, tel un vase d’argile, il conserve en son sein (cf. 2Co 4, 7). Sinon, ils finiront par s’adresser ailleurs, surtout en un temps où les propositions alternatives ne manquent pas (cf. RP 1.7.10).
143. Pour engendrer ainsi, l’accompagnement au discernement vocationnel doit se situer dans une perspective intégrale. La vocation n’est jamais un principe qui aliène la personne, mais plutôt un centre d’intégration de toutes les dimensions de son être, pour les rendre fécondes : des talents naturels au caractère, avec ses qualités et ses défauts, des passions les plus profondes aux compétences acquises par les études, des expériences de réussite aux échecs inhérents à toute histoire personnelle, de la capacité à entrer en relation et à aimer jusqu’à celle d’assumer son rôle de manière responsable au sein d’un peuple et d’une société. Le service de l’accompagnement vient toucher une série d’éléments qui seulement en apparence peuvent apparaître disparates ou peu spirituels, et il requiert une forme d’alliance entre les différentes instances de formation.