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6 Août 2018
Instrumentum Laboris. Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel

Chapitre V
IIème Partie
Foi et discernement vocationnel
Chapitre I
Disponibilité à l’écoute et nécessité de l’accompagnement
Projet de vie et dynamique vocationnelle
84. Dans la période de la jeunesse, la construction de l’identité prend forme. À notre époque, marquée par la complexité, la fragmentation et l’incertitude quant à l’avenir, établir un projet de vie devient difficile sinon impossible. Dans cette situation de crise, l’effort ecclésial est souvent destiné la capacité à faire des projets. Dans le meilleur des cas et là où les jeunes sont davantage disponibles, ce type de pastorale les aide effectivement à découvrir leur vocation, mais reste, au fond, une parole pour une minorité d’élus, un idéal qui exprime le but à atteindre. Mais cette manière de procéder ne risque-t-elle pas de réduire et de compromettre la pleine vérité de ce terme qu’est la « vocation » ?
À ce propos, il est fort utile d’évoquer la rencontre entre Jésus et le jeune homme riche (cf. Mt 19, 16-22 ; Mc 10, 17-22 ; Lc 10, 25-28). Nous voyons ici que le Maître de Nazareth ne soutient pas le projet de vie du jeune homme, et ne lui indique pas son aboutissement ; il ne lui recommande pas de s’engager plus avant ni même, au fond, ne cherche à combler un vide dans la vie de ce jeune homme qui pourtant avait demandé : « Que me manque-t-il encore ? » ; tout au moins ne veut-il pas combler directement ce vide en confirmant le projet de vie du jeune homme riche. Jésus ne vient pas remplir un vide, mais il demande au jeune homme de se vider lui-même, de s’ouvrir à une nouvelle perspective orientée vers le don de soi, à une nouvelle manière de voir sa vie, à partir de la rencontre avec celui qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Ainsi, à travers une véritable désorientation, Jésus demande au jeune homme de reconfigurer son existence. C’est un appel à la prise de risque, à la perte des acquis, à la confiance. C’est une invitation à rompre avec la mentalité de l’auto-projection qui, exacerbée, conduit au narcissisme et à l’enfermement sur soi-même. Jésus invite le jeune homme à entrer dans une logique de foi, qui risque sa vie à la suite du Christ, parce que précédée et accompagnée d’un regard d’amour : « Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : “Une seule chose te manque ; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi” » (Mc 10, 21).